L'incroyable histoire du Colonel Sanders, le fondateur du KFC

40 ans après sa mort, Harland Sanders, l’icône moustachue du Kentucky Fried Chicken (KFC) reste l’un des visages les plus reconnaissables au monde. Un succès planétaire acquit grâce à son inlassable détermination maintes fois mise à l’épreuve.

Un seau de kentucky fried chicken et des frites
Crédit : Aleks Dorohovich via Unsplash

Le nom de Harland Sanders ne vous dit peut-être rien, pourtant vous reconnaîtriez son visage entre mille. Pourquoi ? Car vous avez certainement croisé son regard sur l’un des produits du Kentucky Fried Chicken (KFC) dont il est le fondateur. Mais avant d’être à la tête de l’une des plus grandes multinationales, le Colonel Sanders a essuyé de nombreux échecs dont il s’est relevé à chaque fois. Une détermination impressionnante qui mérite que l’on s’y attarde.


Un parcours difficile

Harland David Sanders est né en 1890 dans le sud de l’Indiana, à quelques centaines de kilomètres du Kentucky. Son père, fermier puis boucher, décède alors qu’il n’a que 5 ans. Pour subvenir aux besoins de la famille, sa mère travaille de nuit et confie à Harland la garde de ses frères et sœurs. C’est là qu’il apprend les techniques culinaires et développe un réel goût pour la cuisine.


Alors qu’il n’a que 12 ans, Harland arrête les études. Sa mère, une femme stricte, se remarie, et l’envoie vivre chez des membres de sa famille. Sanders enchaîne alors les petits boulots : il devient ouvrier agricole, conducteur de tramway, puis s’enrôle dans l’armée alors qu’il n’a même pas atteint l’âge légal de 16 ans.


À son retour, il enchaîne à nouveau les emplois. Il est d’abord vendeur d’assurances, puis il lance sa société de bateaux à vapeur, et est finalement nommé secrétaire à la chambre de commerce et d’industrie. Il y rencontre l’inventeur de la lampe à carbure auquel il rachète les droits de fabrication. Il se fixe alors un nouveau but : ouvrir une manufacture afin de vendre des lampes portables à tous les Américains. Mais le territoire devient entièrement électrifié, et son projet tombe à l’eau.


Sanders ne perd pas courage. Il devient cheminot, prend des cours du soir en droit et devient même juge de la paix. Tout va enfin pour le mieux jusqu’au jour où une altercation éclate entre Sanders et un client en plein tribunal. Bien que disculpé, il abandonne le droit.


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KFC, de station-service à multinationale

Une fois n’est pas coutume, Sanders remonte la pente. En 1930, il ouvre une station-service dans laquelle il sert à ses clients des spécialités du sud des États-Unis. Au menu : steak de bœuf, jambon de campagne, pommes de terre en sauce, biscuits... Les clients se régalent, attablés à une table de six, dans les appartements de Sanders situés à l’arrière de la station-service. Le succès est tel que Sanders ouvre rapidement un café-restaurant de l’autre côté de la rue. Chef cuisinier, caissier, pompiste : Sanders occupe tous les postes. En 1935, le gouverneur du Kentucky lui accorde le titre honorifique de Colonel du Kentucky pour le récompenser.


Mais, en 1939, le Sanders Cafe brûle dans un incendie. Sanders ne se décourage pas et utilise les bénéfices engendrés par le restaurant pour le rebâtir et y ajouter un motel, le Sanders Court and Cafe. C’est à cette période qu’il met au point sa célèbre recette secrète de poulet frit composée de 11 herbes et aromates.


Si 1939 est une année de succès pour Sanders, en Europe, c’est le début de la Seconde Guerre mondiale, et les conséquences se font sentir aux États-Unis. Le carburant est rationné, le trafic baisse, les clients sont moins nombreux… Sanders est contraint de fermer son motel. Il porte alors son espoir sur sa recette mystère et décide de la franchiser. Pour cela, il se constitue un personnage, le Colonel Sanders, qui incarnera sa nouvelle entreprise : le Kentucky Fried Chicken.


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Le Sanders Court and Cafe rouvre, la vie reprend son cours, mais en 1956, à 65 ans, Sanders fait faillite. La raison ? Une nouvelle autoroute détourne les voyageurs de son restaurant. Impossible de survivre avec ses économies, le Colonel Sanders vend le restaurant et part à la rencontre de restaurateurs pour les convaincre de se franchiser auprès de la marque KFC. La détermination de Sanders paie, bientôt les enseignes KFC se multiplient dans le pays.


À 74 ans, il est temps pour le Colonel Sanders de rendre son tablier. En 1964, il vend son entreprise pour 2 millions de dollars, mais en reste le représentant. Les années suivantes, il parcourt le monde pour en faire la promotion et assister aux ouvertures de nouvelles franchises. Avec le temps, ses rapports se détériorent avec les nouveaux acquéreurs de la marque, à tel point que plusieurs procès sont intentés entre eux. En 1974 par exemple, Sanders s’alarme de la qualité des produits et attaque sa société pour non-respect des clauses imposées. Il meurt à 90 ans, d’une leucémie, et est inhumé avec son célèbre costume blanc et nœud papillon noir.


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Sources :


L’anecdote en plus : un film sur la vie du Colonel Sanders devrait voir le jour en 2023 ou 2024. « A Finger Lickin' Good Story : The Life of Colonel Sanders » reprendra le livre écrit par la fille de Sanders.