Pourquoi mange-t-on une galette des rois à l’Épiphanie ?

Dernière mise à jour : 4 mai

Aujourd’hui, c’est l’Épiphanie ! Si la frangipane et la fève en porcelaine nous rappellent à tous de bons souvenirs, on ne sait pas toujours pourquoi une telle tradition existe. Si cette fête est désormais liée aux rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar n’ont en fait rien à voir avec votre galette.

une galette des rois
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Chaque premier dimanche de janvier, on fête l’Épiphanie. L’occasion pour les proches de se retrouver, de déguster une galette des rois ensemble et de célébrer le roi ou la reine du jour. Si aujourd’hui cette tradition est une fête religieuse, ce n’était pas le cas à ses débuts. Voici quelques faits historiques qui le prouvent !


D’où vient la tradition de la galette des rois ?

La tradition de la galette des rois n’a rien de religieux malgré ce que l’on pourrait penser. Elle tire son origine des Saturnales, une fête romaine en hommage au dieu Saturne et prenait place pendant le solstice d’hiver. La galette des rois est typique des rites d’inversion : les rôles sociaux sont totalement renversés pour maintenir un équilibre dans la société pendant un temps donné.


Plus concrètement, la tradition consistait à élire un roi le temps d’une journée. Celui-ci avait le droit de donner des gages, et tout le monde mangeait à la même table. L’idée était de mettre tout le monde à la même échelle sociale, voire de tout inverser, les domestiques devenant les maîtres et vice-versa.


Ce n’est que plus tard que l’Église s’est approprié cette fête païenne en la liant avec l’arrivée des Rois mages. La date fut alors fixée douze jours après la naissance de Jésus, soit au 6 janvier, et l’on nomma ce jour Épiphanie. Mais la date fut modifiée en 1802 lorsque les fêtes religieuses chômées en France furent limitées à quatre (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint). L’Épiphanie fut alors déplacée au second dimanche après Noël afin que les croyants puissent se rendre à la messe ce jour-là.


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Pourquoi cache-t-on une fève dans les galettes ?

La présence de la fève dans la galette des rois remonte au XIVe siècle. Mais à l’époque, on ne mettait pas encore des fèves en porcelaine comme aujourd’hui, mais de vraies fèves, les petits légumes. La raison est simple : elle symbolisait alors la fécondité et la renaissance, car en plus d’être le premier légume du printemps, la fève contient aussi un embryon qui germe lorsque le légume vieillit. Un cycle sans fin assez poétique !


Mais comment est-on passé d’un légume à de la porcelaine ? En fait, on doit la présence de la fève en porcelaine à la coutume du « roi boit ». L’enjeu était différent : celui qui tirait la fève devait payer sa tournée à la tablée. Certains pour éviter la corvée, avalaient alors la fève. C’est pour éviter cela que furent inventées les fèves en porcelaine. Les premières, en porcelaine de Saxe, apparurent en 1875, puis ce fut au tour des ateliers de Limoges d’en créer en 1913. Avec le temps, les fèves ont pris bien des apparences : de bébés emmaillotés, aux santons en passant par des fèves publicitaires. Aujourd’hui, certaines sont même faites en plastique, mais la tradition se perpétue encore tout en se transformant !


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Quelques anecdotes sur la galette des rois

Il n’y a pas de fève dans la galette des rois à l’Élysée depuis 1975 car « on ne saurait désigner un roi au sein de la présidence de la République ». Cela n’empêche pas les membres du palais de savourer le dessert d’une taille énorme (1,20 m de diamètre pour 150 personnes) !


Il n’y a pas de fèves dans les galettes des rois aux États-Unis. La raison ? Les commerçants veulent éviter un procès si leurs clients se cassent une dent ou s’étouffent. C’est pour cette même raison que les kinder surprise sont interdit là-bas. Les autorités craignent que les enfants n’avalent les jouets qui s’y trouvent…


L’autre nom de la galette des rois est la galette parisienne. C’est en tout cas le nom donné dans le Sud au célèbre dessert. Là-bas, on y déguste plutôt le gâteau des rois, une brioche en forme de couronne aux fruits confits.



Sources :